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Sparte contre Athènes: histoire de la guerre du Péloponnèse

Une actualité de Jean-Baptiste Garros
Publié le 06/02/2020
Relatée par Thucydide, la guerre du Péloponnèse nous apparaît comme la conséquence inévitable de l'émergence de la démocratie et de l'impérialisme athénien au lendemain des guerres médiques. C'est cette idée largement admise que l'historien américain Donald Kagan vient remettre en question dans sa passionnante "Nouvelle histoire de la Guerre du Péloponnèse" dont les Belles Lettres viennent d'éditer le premier des quatre volumes.

La guerre était-elle inéluctable comme nous le décrit Thucydide? Telle est la problématique majeure qui habite la réflexion de Donald Kagan. Car s'il a pu s'agir d'un affrontement entre deux conceptions idéologiques différentes de la cité, la guerre du Péloponnèse et avant tout le produit d'une série de décisions politiques et diplomatiques qui forgèrent les alliances et les antagonismes des deux ligues belligérantes: la ligue de Délos menée par Athènes et celle du Péloponnèse sous l'hégémonie spartiate. Ainsi, de 431 à 404 avant notre ère le monde grec fut déchiré par une guerre intestine devenue dans notre esprit aussi mythique que la guerre de Troie.

Périclès, Lysandre, Démosthène, Brasidas, Cléon, Archidamos ou encore Pylos, Syracuse et Argos sont pour nous autant de témoins et de lieux d'une épopée qui rappellerait l’Iliade. Thucydide l'historien remplacerait l’aède Homère et Athènes partagerait le destin tragique de Troie. Pourtant la guerre du Péloponnèse a bien eu lieu. Plus terrible, pour l'historien Victor David Hanson elle aurait même été le premier conflit total de l'Histoire donnant ainsi toute sa mesure à cette phrase célèbre de Thucydide: « Ce fut bien la plus grande crise qui émut la Grèce et une fraction du monde barbare : elle gagna pour ainsi dire la majeure partie de l'humanité. »

La démesure des combats et des moyens mobilisés frappe encore notre imaginaire. Le monde de la guerre du Péloponnèse est autant celui du Parthénon que celui du mur de Thémistocle. Long de 56 km, ce rempart reliait Athènes à son port du Pirée. Symbole de la puissance de l'Attique, les Lacédémoniens contraignirent les Athéniens à l'abattre au lendemain de la chute de la cité. La guerre s’achevait mais la Grèce ne s'en releva pas. Épuisées par vingt sept années d'affrontements terrestres et navale, Sparte ne pu maintenir son hégémonie et Athènes ne retrouva jamais sa gloire et sa puissance d'antan. Vidé de ses forces, l'âge classique allait prendre fin. Mais le malheur des Grecs fut sans doute une opportunité pour leurs cousins du nord. En Macédoine, aux portes septentrionales du monde grec, un autre empire allait naître.

A l'occasion de l'édition française de l'excellente Nouvelle histoire de la guerre du Péloponnèse de Donald Kagan, la librairie vous propose de venir vous plonger au cœur de la Grèce des cités et de redécouvrir l'histoire de ce conflit emblématique de l'Antiquité.

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