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Mes premiers pas vers une alimentation moins carnée

Publié le 11/03/2010
Émission de gaz à effets de serre, déforestation massive de la forêt primaire, gaspillage d'eau et de terres, empoisonnement de l'eau, prolifération des OGM, développement des maladies à grande échelle dû à la concentration des animaux, risques accrus de cancers et de maladies cardiovasculaires chez les humains… la liste des méfaits prêtés à notre alimentation trop carnée s'allonge au fil des pages des ouvrages de Nicolino et d'Aubert et Le Berre.

Car Bidoche et Faut-il être végétarien ? poursuivent un même objectif : pointer l'ampleur des effets néfastes de notre alimentation surdopée aux protéines animales
Si les conclusions des deux ouvrages sont les mêmes, le cheminement et la démonstration diffèrent d'un ouvrage à l'autre. Attaque frontale, façon coup de poing dans le plexus pour Fabrice Nicolino, argumentation plus apaisée pour Claude Aubert et Nicolas Le Berre.

Nicolino a choisi un style direct, tranchant, sans aucune fioriture, il appelle un bœuf un bœuf, ne cherche jamais à adoucir son trait. On appréciera ou pas.
Il dépeint brutalement un monde tout aussi brutal. Il montre ainsi de quelle façon les animaux ont perdu leur statut d'êtres vivants pour être ravalé à celui d'un simple assemblage de morceaux de viande, avec tout ce que cela implique de non considération en terme de souffrance, de conditions de vie et de mort.
Nicolino liste tous les perdants de cet emballement carnivore : animaux, exploitants, consommateurs, travailleurs des abattoirs, environnement (coût en terme d'utilisation d'eau, de pétrole, de destruction des forêts pour l'agriculture, en particulier en Argentine, au Paraguay et au Brésil, nations où s'opèrent de véritables razzias des pays riches sur les terres cultivables).
Pour lui, seuls sont gagnants les grands laboratoires pharmaceutiques (pourvoyeurs d'antibiotiques) et l'industrie pétro-chimique (pourvoyeuse d'engrais, de pesticides et d'OGM).
Après un tel réquisitoire, le lecteur, assommé, regardera forcément de travers sa belle entrecôte.

Aubert et Le Berre reprennent les mêmes arguments, élevage destructeur pour la planète, condition de vie déplorable des animaux, inutilité pour l'humain d'ingérer autant de protéines animales, intense travail de lobbying de l'industrie pharmaceutique et pétro-chimique, mais aèrent davantage leur démonstration, beaucoup plus posée, par des tableaux, des statistiques, des encarts.
Ils expliquent et décortiquent les protéines et les autres nutriments indispensables à une alimentation saine, montrent les bonnes associations, celles qui méritent d'être privilégiées, celles à éviter, donnent des recettes, le tout d'une manière extrêmement didactique. Ils ne se contentent pas de dénoncer un système aberrant, ils proposent aussi des alternatives et invitent à redécouvrir une alimentation dans laquelle les produits animaux n'ont plus l'hégémonie.
Ils en profitent d'ailleurs pour battre en brèche des idées reçues : saviez-vous qu'en matière de densité nutritionnelle (apport de calcium pour 100 calories) les épinards et les brocolis supplantent largement le gruyère et le lait ?
Nous mangeons trop de viande, soit ! Le dernier livre de cette sélection « Manger sain pour 3 fois rien » de Claude et Emmanuelle Aubert vous permettra de piocher parmi 150 recettes originales, privilégiant les légumes, les céréales et les légumineuses. Des recettes s'appuyant sur 60 ingrédients répartis par saison et généralement peu coûteux, même en bio.
On retrouvera très rapidement traitées, puisque ce n'est pas l'objet du livre, les problématiques abordées dans les deux précédents ouvrages : pourquoi limiter l'apport de protéines animales, pourquoi il convient de préférer des aliments issus de l'agriculture biologique et de saison en privilégiant si possible les circuits courts…
Des conseils judicieux qui permettent aussi de faire des économies (comme penser à ce qui reste dans l'assiette après cuisson).
Parce que changer sa façon de s'alimenter passe forcément par l'utilisation de produits que l'on ne connaît pas ou peu, les auteurs consacrent la première partie de leur livre à faire les présentations (céréales, légumineuses) mais reviennent aussi sur des légumes plus coutumiers de nos paniers pour nous en livrer tous les secrets !

Et c'est parti pour 30 menus équilibrés à moins de 3 euros par personnes et 150 recettes de saison classées entre 0,35 et 1,50 euros par personne. La bonne idée : de petites icônes permettant de repérer au premier coup d'œil les recettes les mieux adaptées à la saison, ainsi que leur apport calorique.

Bon appétit !

Agnès Séjournet pour Ecolo-Info.
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