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Faut-il détruire Bagdad ?

Publié le 06/02/2003
"...où la mise au pas d'un peuple qui vit, pour son malheur, sur la route du pétrole."

Les deux dernières décennies ont profondément troublé la perception qu'ont les occidentaux de l'Irak. Devenu un état voyou, dirigé par un ancien vendeur de cigarettes, le voici principal acteur d'une guerre annoncée.

Les tensions persistantes dans le pays ne permettant pas vraiment un voyage touristique, c'est surtout sur l'actualité politique de l'Irak contemporain et de la crise actuelle que porte ce dossier.

Début janvier 2003, la collection de guides de civilisations Karthala s'est enfin intéressée à l'histoire de l'Irak. Elle comble ainsi un manque éditorial sur la société irakienne de la période sumérienne à nos jours. Le contenu met l'accent sur les frontières de la nation entre espace et territoire. Malgré tout très critique dans la partie contemporaine, l'auteur rejoint toutes les analyses géopolitiques actuelles sur les relations entretenues avec l'empire américain.

La question clé étant toujours de savoir comment Sadam Hussein est devenu, en quelques mois, l'ennemi public n°1.

En spécialiste de l'Irak contemporain, J.P. Liuzard tente d'y répondre dans La Question Irakienne.

Il remonte le temps historique de la construction de la nation après le dépeçage de l'empire ottoman et analyse les diverses interventions extérieures en particulier celles des Etats Unis. Les Etats Unis qui ont su transformer Sadam Hussein en gendarme régional face à la révolution islamique iranienne puis, après l'invasion du Koweit, le diaboliser face au reste du monde.

Relancée par les attentats du 11/09/2001, la crise irakienne est aujourd'hui proche de son dénouement. Pour en comprendre le véritable enjeu, les secrets, les retombées, la Revue Politique Internationale présente dans Irak le dessous des cartes l'avis de divers experts.

Leaders de l'opposition irakienne ou hauts dirigeants entrecroisent leurs réflexions autour d'un conflit possible. A noter deux textes de Tarek Aziz, numéro deux du régime irakien. Haut personnage que l'on retrouve aussi dans un livre d'entretiens Irak la guerre permanente où il lève un pan sur ses souvenirs et son action politique et diplomatique aujourd'hui.

Il y aborde le problème de la possession d'armes de destruction massive comme le traite aussi Scott Ritter, inspecteur des Nations Unies, dans un entretien intitulé Guerre à l'Irak.

Ayant mené à son terme, en 1998, le projet d'élimination de l'arsenal d'armes biologiques, chimiques et nucléaires de l'Irak, il s'inquiète d'une intervention américaine qui ne conduirait pas nécessairement à la démocratie dans le pays.

Florence Kuntz, le pense aussi, dans Faut-il brûler Bagdag ?. Dans ce journal d'une guerre annoncée, elle dissèque mois après mois, la manière dont les Etats Unis ont tenté d'utiliser l'émotion collective suscitée par les attentats afin de renverser Saddam Hussein. Mais le raïs irakien maintient son pouvoir. Deux journalistes s'intéressent au phénomène entre biographie et enquête d'investigation. Saddam Hussein portrait total, révèle la maladie du président, les rouages de sa sécurité personnelle ou ses filières d'armement.

L'anglais Saïd K.Aburish, tant qu'à lui, regroupe en une biographie complète tout ce que l'on sait de manière parcellaire du personnage. A travers l'histoire de sa vie, la question posée et de savoir s'il serait parvenu à créer un Irak fort et indépendant si l'Occident ne s'en était pas mêlé ?

Mais pendant que les dirigeants, les journalistes, les géopoliticiens jasent sur le despote, il écrit, terré dans ses palais présidentiels. Zabiba et le Roi est un texte anonyme dont la CIA et le Mossad, fins stratèges, ont reconnu la plume : celle de Saddam Hussein. Récit d'aventures, d'amour et de politique, à la façon des Mille et Une Nuits, il permettra à l'homme d'entamer une carrière littéraire s'il est renversé.

Blandine Daurios

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