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Les Cahiers du Cinéma ont 50 ans

Publié le 06/02/2002
Pour mieux comprendre l'histoire de la revue et de sa maison d'édition

Les cinquantes dernières années ont vu grandir une revue qui a eu pour ambition de parler de cinéma : Les Cahiers du cinéma.

Pour ce faire, elle a ouvert ses colonnes aux critiques et a fait s'y cotoyer des sociologues, des philosophes et des passionnés de cinéma.
Les Cahiers du cinéma sont devenus l'une des revues les plus polémiques et les plus politiques de la presse française, le cinéma étant le reflet des événements nationaux et internationaux.

En 1980 Les Cahiers du cinéma ont créé une maison d'édition qui publie textes, essais et biographies de cinéastes. Elle nous offre pour les cinquante ans de sa grande soeur la revue, une "petite anthologie des cahiers du cinéma" qui réunit une sélection de textes autour des grandes thématiques de la revue.

Les Cahiers du cinéma, revue voulue par André Bazin, naissent en 1951 avec à leur tête Jacques Doniol-Valcroze.

Dés le début elle va défendre le nouveau cinéma français incarné par des cinéastes comme Godard, Rivette, Chabrol ou Rohmer. C'est à cette époque que le mouvement de la Nouvelle vague voit le jour, mouvement qui sera reconnu huit ans plus tard à Cannes, grâce aux 400 coups de Truffaut.

Mais les Cahiers ne se cantonnent pas à la simple défense de ce nouveau cinéma. En accueillant dans sa rédaction ces jeunes cinéastes elle va, à coup de polémiques et de provocations révolutionner la critique grâce à sa politique des auteurs. Sous la houlette de André Bazin, ils vont défendre le cinéma Hollywoodien et ses réalisateurs jusque-là méprisés. Hitchcock, Lang, Hawks entre autres, vont être mis à l'honneur et désignés comme de grands réalisateurs pour la première fois. Cette politique va changer radicalement la critique du cinéma dans le monde.

De 1960 à 1980 trois générations de critiques vont se succéder au sein de la rédaction des Cahiers du cinéma.
Rohmer qui en prend la direction en 1957 reste classique alors que Rivette en 1963 en fait une revue plus intellectuelle. Le comité de rédaction (mis en place à cette époque) fait intervenir des philosophes, des sociologues et des linguistes aux côtés des critiques de cinéma. La revue sous l'influence du groupe Filipacchi dans lequel elle vient de rentrer, change de "look". Elle ressemble à son temps et traverse l'univers culturel et politique de la France des années 60.
L'interdiction de La Religieuse en 1966 et la tentative d'éviction de Henri Langlois hors de la cinémathèque vont faire basculer la revue dans une période plus politique. Les rédacteurs, Godard en tête, prennent position contre le gouvernement de De Gaulle : mai 68 s'annonce.

A cette période ils mettent en place les Etats généraux du cinéma avec un appel à la grève illimitée "pour lutter contre les structures réactionnaires d'un cinéma devenu marchandise".

En 1969, Truffaut et Doniol-Valcroze rachètent les parts de la revue au groupe Filipacchi. Les Cahiers sont de nouveau indépendants.

La première partie des années 70 est la période "jusqu'au-boutiste" de la revue. Les références marxistes se multiplient, l'engagement politique soude la rédaction.
Cependant en 1973, devant la chute des ventes, Serge Daney et Serge Toubiana se proposent pour prendre en charge la revue afin de lui rendre sa spécificité.

La deuxième partie des années 70 est donc moins politique et tente de recentrer la revue sur le cinéma. Les articles se font moins théoriques et la maquette moins austère. Mais il faut attendre les années 80 pour que Les Cahiers s'ouvrent aux nouvelles techniques cinématographiques tels les effets spéciaux américains. Forte de cette nouvelle politique la revue voit ses ventes augmentées en kiosque.

En 1981 Serge Toubiana remplace Serge Daney au poste de rédacteur en chef. Ces années 80 vont être des années d'ouverture sur les cinémas du monde pour Les Cahiers. Comme leurs aînés s'étaient tournés vers Hollywood, les rédacteurs regardent désormais vers l'Orient et vers l'Asie; en Iran par exemple, où travaille Abbas Kiarostami, ou à Taïwan, à Hong-Kong et en Corée où est à l'oeuvre un grand cinéaste de notre temps, Hou Hsia-hsien.

Les années 90 quant à elles vont être les années de questionnement.

- Comment la carte cinématographique du monde va-t'elle évoluer ?
- Vers quel cinéma les critiques vont-ils se tourner ?
- Comment accommoder le passé de cette revue au cinéma actuel ?

Aujourd'hui le nom des Cahiers du cinéma n'évoque plus seulement celui de la revue. Il évoque aussi désormais celui de la maison d'édition : Les Editions de l'Etoile

Elle est née dans les années 80, créée par la même équipe que celle de la revue. Sa mission est de faire connaître les textes et les essais des cinéastes et des critiques de cinéma. Elle veut poursuivre la réflexion des Cahiers sur le cinéma et bénéficie de la forte notoriété de la revue.
Elle compte à peu près 200 ouvrages à son catalogue qui se répartissent dans différentes collections.

Tout d'abord la "petite bibliothèque" qui édite des textes de critiques ou de cinéastes mais aussi des scénarios des films que Les Cahiers défendent.

Viennent ensuite la collection "Essai" qui porte sur des cinéastes (cette année Rivette et Lynch) et sur des thématiques de cinéma (cette année L'Asie à Hollywood ou le classique Jazz et cinéma).

Mais cette maison d'édition publie aussi des Albums largement illustrés sur les réalisateurs, , où l'on compte notamment Almodovar, Cronenberg et dans laquelle nous attendons Woody Allen.

Elle édite aussi une nouvelle collection, "Les petits cahiers" qui a pour but de former le regard du spectateur . Elle s'adresse aux étudiants, aux enseignants et aux amateurs de cinéma et comporte déjà trois titres le plan, le point de vue, le montage et nous attendons le vocabulaire du cinéma.

Pour en savoir plus sur cette revue et sur les ouvrages de cette maison d'édition, voici une petite bibliographie qui, nous l'espérons, sastisfera votre curiosité ....

 

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