Chargement...
Chargement...

Il y 30 ans s'effondrait l'URSS

Une actualité de Jean-Baptiste G.
Publié le 11/12/2021
En 1991 s'effondrait l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). 30 ans après nous vous proposons de revenir sur l'histoire de ce géant qui fut tout à la fois une utopie, un empire et un monstre.
L'Union des républiques socialistes soviétiques se fonde sur une utopie : l'avènement d'une nouvelle humanité telle que conçue par l'idéologie communiste. Elle tenta par de nombreuses façons de créer un monde nouveau dans lequel l'Homme rouge devait remplacer le prince blanc. Ainsi devait s'ouvrir la voie à une nouvelle ère de prospérité garantie par un certain idéal de progrès, par une agriculture et une industrialisation collectivisées et productivistes guidées par la dialectique marxiste-léniniste. Libérée du joug du capitalisme prédateur, des traditions dites archaïques, de la nation et de la religion, le jeune régime soviétique devait devenir le phare d'un monde nouveau à bâtir sur les cendres encore chaudes de l'ancienne Russie tsariste.

Mais celle que l'on nomma officiellement en 1924 URSS ne fut-elle pas au fond, comme certains l'affirment, qu'un "grand mensonge" et un gigantesque paradoxe ? Elle se revendiquait farouchement opposée à l'impérialisme occidental et pourtant, la Russie soviétique et le communisme universaliste promu par cette dernière ont donné naissance à une autre forme d'impérialisme totalitaire. La révolution d'Octobre 1917 amorça cette conquête idéologique, militaire et politique qui s'enracina presque un siècle durant de l'Europe centrale à l'océan Pacifique. Ce devait être un âge d'or pour l'Humanité toute entière, ce fut certainement en réalité bien plus un âge du fer, de l'acier et du béton. Même le soleil semblait se lever rouge sur l'empire des soviets.

Au fil des décennies pourtant, la chape de plomb qui pesait sur l'URSS s'est fissurée et a laissé percevoir l'ampleur des crimes commis par l'idéologie soviétique. Si le goulag en reste la plus horrible et célèbre expression, l'endoctrinement et l'emprisonnement de la pensée ainsi que la destruction des territoires soviétiques au profit d'une industrialisation démesurée et prédatrice en sont d'autres aspects : Tchernobyl, la pollution et l'éradication de toute forme de vie sous-marine en mer d'Aral ou encore les projets pharaoniques de détournements des fleuves sibériens en sont de parfaits exemples.  "[...] les crimes commis en son nom [le communisme], la diversité et la particularité des victimes justifient l'acuité de la question : pourquoi tant de cruauté ? " (Thierry Wolton, Communisme, une histoire mondiale, t.2, Perrin, Paris, 2015). En Occident la désillusion fut brutale et nombreux sont ceux à avoir essayé de comprendre, expliquer et parfois même osé justifier les crimes de l'URSS.

A travers une sélection de livres et à l'occasion des 30 ans de la chute du régime soviétique nous vous proposons de revenir sur l'histoire de l'empire rouge, de son existence, de son déclin et de sa chute mais aussi sur celle de ses dirigeants, de ses crimes et de ceux qui la vécurent. Si cette histoire a été terrible, violente et sombre, elle a pu aussi à certains moments être sincère, originale et riche d'enseignements. "L'horloge du communisme a sonné tous ses coups. Mais l'édifice de béton ne s'est pas encore écroulé. Et il ne faudrait pas qu'au lieu d'en sortir libérés, nous périssions écrasés sous ses décombres." (Alexandre Soljenitsyne, Comment réaménager notre Russie ?, Fayard, Paris, 1990)




Pour une histoire générale de l'URSS

"Peu de secteurs en histoire contemporaine ont connu, au cours des dernières quinze années, un renouvellement documentaire et interprétatif aussi important que l’historie de l'Union soviétique. [...]" (Nicolas Werth, Histoire de l'Union soviétique de Lénine à Staline, PUF, Que sais-je ?, Paris, 2021)

Révolution et guerre civile

[...] la maison était debout, mais presque tous les carreaux étaient cassés, la porte était arrachée de ses gonds , les murs criblés de balle. La ferme tout entière offrait l'image de l'abandon et du vide. [...] La guerre que Pantéléï Prokofiévitch avait fuie, était venue chez lui et laissait après elle les traces hideuses de destruction." (Mikhaïl Cholokhov, Le Don paisible, Omnibus, Paris, 1991)

Communisme : aux fondements de l'idéologie soviétique

"Le communisme est un Janus des temps modernes. A sa face d'espérance en devenir correspond une face sombre, pleine de tragédies passées. Il est difficile d'objectiver passion et réalité à la fois." (Thierry Wolton, Penser le communisme, Grasset, Paris, 2021)

Les tsars rouges : de Lénine à Gorbatchev

"En Russie , le pouvoir lui-même éveillait l'inquiétude et la peur. Un système assez dur et cruel d'intimidation [...] générait autour de chaque individu toutes sortes de dangers et de frayeurs, réels ou imaginaires." (E. Anissimov, dir. Georges Nivat, "La violence russe et la grande peur de l’État" dans Les sites de la mémoire russe, t.2, Fayard, Paris, 2019)

Le monde soviétique : portraits et vies dans un empire eurasien

«De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique, un rideau de fer s'est abattu sur le continent.» Winston Churchill, discours de Fulton, 5 mars 1946.

Les crimes de l'URSS

"La vérité est horrible mais c'est la vérité" (citation de Vladimir Korolenko dans Serguï Melgounov, La terreur rouge en Russie (1918-1924), Ed. des Syrtes, Genève, 2004)

Alexandre Soljenitsyne : vie et œuvre d'un pourfendeur de l'idéologie communiste

"Soljénitsyne a été la conscience de son pays au cours de la période bolchevique, puis au cours des nouveaux temps de trouble ouverts par l'effondrement du régime soviétique en 1991. Il a été celui qui a donné à voir au monde entier le mensonge idéologique." ( Daniel J. Mahoney, Alexandre Soljenitsyne. En finir avec l'idéologie, Fayard, Paris, 2008 )

La Littérature soviétique : entre réalisme socialiste et dissidence

" - Oui on attend de nous un réalisme monumental. C'est là un type de littérature, un genre nouveau. L'épopée de la société sans classe, la littérature du héros positif." (Alexandre Soljenitsyne, Nos jeunes, Fayard, Paris, 1997)