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Les tables des libraires

Les coups de cœurs de la rentrée

les livres que nous aimons.

Les incontournables de la rentrée

des lectures très attendues

Des livres très attendus

à commander dès maintenant

Dossiers

Rentrée littéraire 2022 : nos choix

C'est le grand rendez-vous littéraire de l'année ! Retrouvez notre sélection, actualisée tout au long de l'automne.

Tout Rabelais

Après "Les Essais" de Montaigne en 2019, les éditions Bouquins et les éditions Mollat publient en un volume l’ensemble de l'œuvre d’un autre géant de la Renaissance, François Rabelais. 

Johann Heinrich Füssli (1741-1825)

Le Musée Jacquemart-André organise la première grande rétrospective en France de l'oeuvre étrange et atypique de Füssli du 16 septembre au 23 janvier 2023. Précurseur des peintres romantiques, son oeuvre qui s'inspire de l'Histoire, de la mythologie et de la poésie est nourrie abondamment par les...

Pierre Nora : l'historien éditeur

La parution du second volume des mémoires de Pierre Nora est l'occasion de revenir sur l'immence contribution éditoriale de ce grand historien.

Mollat Radio

les rencontres en vidéo

Catherine Millet - Commencements

Vous présente son ouvrage
"Commencements" aux éditions Flammarion. Rentrée littéraire automne 2022

Jean Rolin - La traversée de Bondoufle

Jean Rolin vous présente son ouvrage
"La traversée de Bondoufle" aux éditions POL. Rentrée littéraire 2022.

Coups de cœur

A l'Est des rêves de Nastassja Martin, Les Empêcheurs de penser en rond

Nastassja Martin réalise un coup de maître avec son dernier ouvrage, A l’Est des rêves.

Ce livre se situe dans la continuité à la fois de son remarquable travail ethnographique publié sous le titre Les Âmes sauvages mais aussi de son superbe récit Croire aux fauves qui racontait la manière dont elle avait survécu à l’attaque d’un ours lors de l’un de ses voyages de terrain en Russie.

Poursuivant son travail auprès des Gwich’in en Alaska, société de chasseurs cueilleurs en proie aux convoitises suscitées par la richesse en ressources naturelles de leur territoire et directement confrontés à la crise climatique, l’anthropologue traverse le détroit de Beiring pour cette fois-ci se rendre au Kamtchatka russe. Là, elle y fait la rencontre d’un groupe d’Evens, population autrefois nomade, parti retourner vivre dans la forêt à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique. 

Peut-on donc de nos jours retourner vivre dans la nature, en dehors d’un système capitaliste qui semble régir le monde? Peut-on s’affranchir de toute mondialisation, de la modernité et même du réchauffement climatique pour vivre autrement ? 

Le livre ne fait pas la promesse d’un éden retrouvé. Cette petite communauté d’Evens vit dans un monde moderne et se retrouve aussi dépendante des règles du jeu des états que des lois de la nature. En revanche, le folklore dont on les habille, ils le refusent car inutile et surtout inefficient. Le dernier chamane a disparu mais Daria, l’hôte de Nastassja Martin, tente de renouer le dialogue avec son environnement, de retrouver ce langage perdu qui leur permettait d’être en connexion avec la vie qui les entoure, quelle qu’elle soit. Recommencer à rêver pour vivre, s’adapter, se transformer. 

“Si nous avons à faire le deuil des formes connues jusqu’à présent, nous n’avons certainement pas à faire le deuil du monde”.

Nastassja Martin habite son livre avec une maîtrise et une sincérité qui vous emportent au-delà de toutes certitudes. 

Une exploration visuelle et historique de la sorcellerie

Plongez dans l'univers de l'occulte et découvrez l'influence de la magie dans l'imaginaire des artistes.

Après Tarot et Astrologie, le troisième opus de la collection La Bibliothèque de l’ésotérisme s’arrête sur la Sorcellerie. Le champ d’étude est élargi mais le traitement demeure riche et savant. Le lecteur plonge dans l’histoire de la sorcellerie des premières évocations littéraires aux témoignages de praticiens actuels, en passant par les heures sombres de l’Inquisition. Si l’on y découvre le rôle fondamental joué par les éléments, l’évocation des rituels, la célébration des sabbats et tout ce qui concerne la culture de l'envoûtement, cette collection des éditions Taschen se démarque par la qualité de ses illustrations. Voici certes un livre de magie, mais également un livre d’art où les sortilèges côtoient les tableaux de Circé et Médée. Goya, Delacroix, Füssli, Blake, Waterhouse, Dali, … nombreux sont ceux qui ont souhaité donner un visage et un corps aux sorcières qui habitent les mythes antiques ou les vers de Shakespeare. L’enchantement est total, nous voilà fascinés tant par la lettre que par le trait. À travers ces 520 pages dont plus de la moitié est parée des représentations de sorcières légendaires ou anonymes, de sabbats et autres cérémoniels fantasmés, cet ouvrage nous démontre que la fascination pour l’occulte a traversé les âges et les continents et qu’elle a pénétré l’imaginaire des artistes qui y ont su y trouver la source de renouveaux picturaux. Les éditions Taschen nous offrent ici un recueil iconographique étoffé parfaitement articulé avec un texte moderne et actuel.

Les désirs flous - dola de jong

"Je ressentais un étonnement mêlé d'angoisse, car même en cet instant, mes sentiments me poussaient vers elle, je ressentais son humiliation et, la voyant prise d'un désespoir impuissant, pleurant en lançant des coups de pied dans une chaise, j'aurais voulu poser ma main sur son crâne de garçon."
Amsterdam, 1938. Bea a besoin d'une colocataire pour l'aider à payer son loyer : ce sera Erica, la fougueuse, curieuse, impétueuse Erica. Bea, plutôt calme et rangée, est fascinée par la personnalité de sa colocataire, tantôt solaire tantôt tempétueuse. Elle peut disparaître des jours durant et revenir sans explication, l'œil triste et les cheveux en désordre. Le temps passe, et Bea va devoir réaliser que ses sentiments envers Erica sont bien plus forts que ce que la bienséance autorise. Mais l'avancée des troupes allemandes bouleverse ce déjà fragile équilibre. 
Un roman d'une grande pudeur et d'une grande tension, qui explore toutes les facettes de nos frustrations et jette ses deux personnages dans le feu de l'Histoire : le temps passe trop vite pour ne pas oser. 

Que reviennent ceux qui sont loin

"Ici, combien d'enfants avaient dormi qui étaient devenus grands ?"
Après dix années d'absence, le narrateur de ce roman revient passer le mois d'août dans la demeure familiale. Située en Bretagne, dans la magnifique région des Abers, "la grande maison" est l'image même de la maison de vacances, que l'on ouvre avec les beaux jours pour la quitter dès les premiers frimas. Maison dont les murs voient passer chaque été un défilé d'oncles et de tantes, de cousin-e-s, d'ami-e-s de la famille, et dont les objets, inchangés depuis des générations, sont aussi impersonnels que familiers. Le narrateur, jeune trentenaire, y a passé toutes ses grandes vacances d'enfant, journées de liberté et d'aventures entre la plage et le jardin, entouré d'une bande de petits du même âge. Puis les étés d'adolescent, avec les soirées au Café du Port, à toiser les locaux et les touristes, et à attendre le point culminant des vacances : la soirée du 15 août et son bal. Puis à ses vingt ans, blasé peut-être de ce devoir familial, il a passé ses étés ailleurs, à travers le monde. A son retour dans la grande maison, dix ans plus tard, rien n'a changé mais tout est différent, les enfants qu'il a côtoyés ne le sont plus, de nouveaux sont apparus qu'il ne connaît pas. Mais il y a toujours ses oncles et tantes, grands-oncles et grandes-tantes, qu'il apprécie de retrouver à leur place habituelle, la grand-mère, presque centenaire, pilier de la maison, et Anne aussi, cette amie d'enfance qui a bien grandi. 
Le mois d'août que raconte Pierre Adrian est baigné par l'inégalable lumière de fin d'été bretonne, qui génère un sentiment très vif de l'instant et, avec lui, celui presque douloureux de la mélancolie. Mélancolie face à ces lieux, ces visages, ces moments aussi, qu'on espère retrouver chaque été inchangés mais que l'on sait voués à disparaître et qui déjà ne sont plus ceux de notre enfance.
Roman de ce qui nous lie, du temps infini des étés d'enfance et de ce qu'on en garde, (de la prise de conscience) du passage à l'âge adulte. Roman du mois d'août, de ses journées qui se languissent tout en laissant déjà pressentir la fin.
C'est très juste, très beau, il est tout à fait possible que vous y laissiez quelques larmes.