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En vitrine : visages de la littérature indienne d'aujourd'hui.

Publié le 22/03/2007
Voici, pour vous repérer dans cette littérature en pleine effervescence, une sélection non exhaustive de romans et d'auteurs indiens.
 «Se perdre comme dans un rébus, dont, avec patience, on peut venir à bout» disait au sujet de l'Inde Pier Paolo Pasolini dont on peut lire L'odeur de l'Inde ; un récit de voyage discrètement lyrique qui décrit l'Inde avec justesse et vivacité.
Perdons-nous donc dans cette littérature, comme Brighu dans Corridor, la bande dessinée de Sarnath Banerjee, quand il se perd dans le désordre de la librairie de Jehangir Rangoowalla…

L'Inde, invitée d'honneur du Salon du livre de Paris du 23 au 27 mars se prépare à devenir d'ici 2050 la troisième puissance mondiale. Pourtant elle compte cinq cent millions d'analphabètes et plus de trois cent millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Les racines de sa littérature, l'une des plus anciennes qui soient, plongent dans les origines d'un pays vieux de plus de cinq mille ans, qui à lui seul est un monde. Un monde aux multiples visages, grouillant de diversités et de contradictions. C'est dans le contraste entre cette histoire omniprésente et un présent en pleine mutation que s'ancre la littérature moderne indienne. Elle s'écrit d'abord en anglais, considéré par les indiens comme une langue indienne et qui est la seule langue connue sur tout le territoire.

Les figures les plus renommées de la littérature indienne, tels Vikram Seth, Amitav Gosh ou Shashi Tharoor sont depuis longtemps publiées en France. Mais aujourd'hui, nombre d'éditeurs se passionnent pour l'Inde et veulent nous faire découvrir ses auteurs les plus contemporains ; Le Goût de l'Inde, une anthologie de Jean-Claude Perrier  parue le 15 mars nous en propose un panorama.
Sont connus du lectorat français des écrivains comme Arundhati Roy, pour son Dieu des petits riens, Vidiadhar Surajprasad Naipaul, qui obtint le Prix Nobel de littérature en 2001 ou encore Amitav Gosh pour son Cercle de Raison , couronné par le Prix Médicis étranger. Et maintenant Tarun Tejpal, avec son best-seller Loin de Chandigarh, premier roman qui s'inscrit d'emblée dans la tradition du grand roman indien, salué lors de sa parution à Londres par Naipaul : «Enfin un livre neuf, brillant et original qui nous arrive de l'Inde». «C'est une grande épopée faite de haine, d'amour, de désir. Ce roman contient tout. Et comme il est structuré autour des mythes, il touche à l'universel.» nous dit Marc Parent, son éditeur chez Buchet-Chastel.
Tarun Tejpal est né en 1963 à Chandigarh et vit à New Delhi. Il est journaliste et éditeur. En 22 ans de carrière, il a été rédacteur à India Today et The Indian Express puis rédacteur en chef d'Outlook, l'un des plus importants magazines d'informations indien. Il a également écrit pour plusieurs journaux internationaux. En 2000 il crée Tehelka.com, un hebdomadaire spécialisé dans l'investigation, salué en Inde et dans le monde pour son indépendance d'esprit. Tejpal recevra des menaces de mort et Tehelka sera suspendu ; avant de reparaître en 2004 en version papier, pour devenir l'hebdomadaire de référence de l'intelligentsia indienne. C'est dans ce contexte tourmenté qu'il se lance dans la rédaction de Loin de Chandigarh.
Toujours chez Buchet-Chastel est paru en octobre dernier Bombay Maximum City de Suketu Mehta ; une enquête sur le Bombay de jour et de nuit et ses habitants - prostituées, tueurs, indics', politiciens, stars de Bollywood… Cette "biographie urbaine", abordant tous les extrêmes de Bombay, la plus grande mégapole d'Asie, sait cependant être aussi un récit très intime.

Le recueil de nouvelles Le tapis rouge, histoires de Bangalore, premier livre de Lavania Sankaran, paru au Mercure de France en 2006, se lit d'une traite. Ici encore il s'agit du tiraillement perpétuel entre Inde moderne et Inde traditionnelle. L'auteur marie humour et tendresse et porte un regard incisif sur ses personnages. Best-seller en Inde, Le tapis rouge est traduit ou va l'être dans 15 pays.

Enfin, il est difficile de passer à côté de ces quelques figures majeures, qui reflètent la diversité de la littérature indienne :

Anita Desai, née en 1937 d'une mère allemande et d'un père bengali est l'un des plus grands auteurs indiens contemporains. Ses romans sont idéaux pour découvrir la littérature indienne ; à la fois drôles et sombres ils décrivent souvent des femmes dans leur quotidien, en proie à des déchirements intérieurs. Depuis peu Anita Desai ouvre ses romans à d'autres univers, comme le Mexique, vu par un étudiant américain dans Un parcours en zigzag.

R.K. Narayan, né à Madras en 1907 et mort en 2001 a produit une œuvre considérable, une fresque sans apitoiements de l'Inde quotidienne et pauvre. Ses personnages sont dépeints avec malice et tendresse, et lorsque l'on pénètre dans un de ses romans on referme difficilement le livre avant de l'avoir terminé. Il a publié ses mémoires en 1974, disponibles entre-autre aux éditions du Rocher ou du Serpent à Plumes.

Rohinton Mistry a passé son enfance à Bombay, où il est né, et vit à Toronto. Il est l'auteur à succès de trois romans : L'Équilibre du monde, Un si long voyage, Une simple affaire de famille. «Conteur né, Rohinton Mistry pose un regard empathique sur toutes choses. Aucun détail n'échappe à ses petites touches souvent fort drôles. Excellent dans l'art du dialogue et du portrait.» Magazine Lire. Mai 2001.

Amitav Ghosh est né à Calcutta en 1956 et a lui aussi passé son enfance en Inde, ainsi qu'au Bangladesh, au Sri Lanka et en Iran. Il vit à New York. Prix Médicis étranger en 1990 pour Les Feux du Bengale il développe une œuvre flamboyante et parfois amère, entre la féerie et la saga historique. Ses romans prennent souvent la forme de fables initiatiques avec un arrière-plan historique et une réflexion sur les notions de frontières, de nations et d'ethnies. Amitav Ghosh a fait de l'exode un art de vivre et prouve que la littérature indienne est aux dimensions de la planète.


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